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Les
cuissards et les harnais
Le harnais de sécurité
- équipement obligatoire dans toutes les
activités verticales - est formée
d'un ensemble de sangles plus ou moins larges,
plus ou moins matelassées. Au Québec,
dans le milieu de l'escalade, on adopte plus facilement
le terme de cuissard, puisque l'utilisation d'un
torse ou d'un harnais complet est à toutes
fins pratiques réservée aux activités
industrielles ou à certaines expéditions
alpines.
Modèles sportifs, modèles
confortables
Suspendu entre ciel et terre - certaines
périodes de repos ou d'essais durent plusieurs
minutes - , le grimpeur sportif visera le confort
avant tout. Aujourd'hui, les fabricants proposent
des sangles savamment matelassées par des
mousses thermoformées à la fois
rigides (support lombaire) et moelleuses (confort).
Le grimpeur de longue voie, le grimpeur sportif
et l'adepte des murs intérieurs adoptent
sans conteste les modèles de cette catégorie.
Pour la plupart des modèles,
les cuisses n'offrent aucun réglage; il
faut choisir la taille qui convient. De plus en
plus nombreux, les modèles spécifiquement
féminins font le bonheur des grimpeuses.
Et ce n'est pas une vague opération de
marketing: les femmes apprécient.
Parmi les cuissards les plus avancés,
on remarque une découpe anatomique dans
la forme des sangles, des tissus qui respirent
et des matériaux sans cesse plus légers.
C'est une micro-lutte à finir parmi un
petit nombre de fabricants européens et
américains.


Cuissards à tout faire
La seconde grande catégorie
de cuissards s'adresse aux grimpeurs polyvalents.
Les réglages y sont omniprésents
(tant aux cuisses qu'à la taille) et les
sangles sont peu matelassées. Ce ne sont
pourtant pas des modèles bas de gamme.
Le port d'un cuissard entièrement réglable
se justifie en cascade de glace et en randonnée
alpine où les épaisseurs de vêtements
varient au rythme des conditions. Plus léger,
moins encombrants, il faut souvent l'enfiler avec
des crampons aux pieds...
Et le haut?
En paroi verticale, rien ne justifie
le port d'un harnais complet ou d'un torse, pièce
complétant le cuissard. Par contre, on
le recommande dans certaines situations précises:
en expédition alpine, le
port d'un lourd sac à dos modifie radicalement
le centre de gravité;
les jeunes enfants n'ont pas les
hanches suffisamment formées pour porter
un cuissard seul;
certains professionnels - pensons
aux émondeurs, aux équipes de sauvetage
- ne jurent que par ce type de protection.
Choisir un cuissard reste une stricte
affaire de confort, au même titre que le
choix d'un pantalon. Nous suggérons d'en
essayer plusieurs; nous suggérons surtout
de les essayer en position suspendu. La plupart
des boutiques et magasins spécialisés
possèdent les installations requises pour
ce type d'essai.
Faites un saut chez nous...
L'ÉQUIPE DE LA CORDÉE

Question:
Existe-t-il plusieurs routes à
suivre pour se rendre au sommet? Si oui, comment
décider de la route à suivre?
Jean
Etcheverry
Québec
Réponse:
Il existe une multitude de routes
à suivre pour atteindre le sommet d'une
montagne. Le chemin n'est souvent par tracé,
ni écrit sur une carte, ni limité
à la voie Sud, Nord, Est ou Ouest. Plusieurs
variantes peuvent exister sur une seule face de
la montagne. Lorsqu'un grimpeur rêve devant
une montagne ou une carte, les possibilités
de voies défilent dans sa tête. Un
chemin déclaré « impossible
» par un grimpeur ne le sera peut-être
pas pour un autre. Les sommets des plus grandes
et les plus belles montagnes de ce monde ont presque
tous été atteints. Par contre, il
existe souvent une nouvelle route que personne
n'a osé prendre afin de se rendre à
ce sommet de rêve.
Le chemin vers le haut d'une montagne
n'a pas de frontières ni de route pavé;
c'est une liberté de choix réservée
au grimpeur. C'est tout comme se rendre au pôle Sud à ski; il existe 360 degrés
de routes à emprunter. Par contre chacune
de ces possibilités apportera différents
obstacles et horizons. Il s'agit de choisir celui
qui est le plus adapté à nos besoins
et capacités.
Le choix de la route à prendre
vers un sommet se fait en fonction des expériences
du grimpeur. Il juge selon ses capacités.
Par exemple: observer l'angle de la pente pour
prévoir une possibilité d'avalanche,
existe-t-il des endroits pour ériger un
campement, en cas de tempête est-ce possible
de descendre rapidement... Si la route choisie
exige un engagement majeur et qu'il est impossible
de l'abandonner en cas de tempête, le grimpeur
devra reconsidérer son chemin afin d'en
trouver un moins exigeant. On ne doit surtout
pas aller croire que chaque montagne a une face
quasi impossible à grimper et une autre
très facile. Lorsqu'on considère
de grimper en haute altitude, rien n'est «
simple » et aucune route « facile
»... Dame Nature nous entoure et c'est elle
qui aura le dernier mot si on lui manque de respect.
John-Patrick Hui
john-patrick.hui@sympatico.ca |
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L'Everest se prépare
au solaire
L'hiver dernier, Bernard me disait:
"Je prévois avoir besoin de tes services
de nouveau pour ma prochaine expédition...
" Je lui réponds immédiatement:
"Où?" "Je ne te le dis pas,
est-ce que ça t'intéresse d'y participer?"
Comment refuser une telle invitation, Environergie
venait d'entrer dans le projet. Pour toute information,
un seul indice: LÉGÈRETÉ.
Les mois passent puis arrive la conférence
de presse: Everest.
Enfin, les ténèbres
se dissipent. "Légèreté"
prend tout son sens. Lors d'une réunion,
Bernard, nous explique ce qu'est une "randonnée
vers le sommet de l'Everest". Pas
reposant du tout!! Nous voyons où seront
situés chacun des camps, ce qui s'y passera,
les dangers et les pièges de la montagne
à chacune des étapes. Ensemble,
nous cherchons des façons de diminuer l'effet
de surprise. C'est d'ailleurs à la suite
de cette rencontre qu'est née l'utilisation
d'un stroboscope sur la tente du camp #4 afin
de faciliter son repérage. Plusieurs alpinistes
sont décédés en passant à
quelques dizaines de mètres de la tente
sans la voir, pour tomber dans le vide.
Puis c'est la course folle aux fiches
techniques sur les appareils technologiques les
plus susceptibles d'être apportés
en expédition. Bernard arrête son
choix sur le nouveau téléphone satellite
de NEC, pas plus gros qu'un ordinateur portatif,
ni plus énergivore. Bernard et Nathalie
nous définissent l'utilisation des différents
appareils technologiques apportés.
M. Jimmy Royer de Solener Inc. s'occupe
du design du système solaire, il évalue
la consommation électrique pour chacun
des camps. En tenant compte de la situation géographique,
des conditions climatiques, il définit
la puissance photovoltaïque ainsi que la
capacité des batteries, nécessaires
à l'expédition. À partir
de ces données, je définis et rassemble
les diverses composantes du système solaire
utilisé pour l'expédition.
M. Mark Paddison, de Photocomm Alberta,
trouve emballante la possibilité de pouvoir
participer à cette expédition et
nous fournit les capteurs solaires Uni-Solar.
Tout au long de la réalisation
du système, divers tests d'équipements
sont effectués en simulation de conditions
réelles. Vous seriez surpris de voir tout
ce qui peut entrer dans un congélateur!!
Le manuel d'instruction est rédigé.
Tout est prêt, l'équipement est de
nouveau vérifié en mode fonctionnel
et livré.
Voici un résumé de
la fiche technique du système apporté:
Capteurs solaires:
8 modules solaires Uni-Solar 22W,
11W et 5W
Batteries:
6 batteries au gel de 31Ah, 9,5
Ah et 6 Ah
Accessoires:
1 boîtier modulaire
intégrant un système de contrôle
("C'est mon cockpit!", de dire Nathalie
en ouvrant le boîtier modulaire), ainsi
que plusieurs autres accessoires, pour la plupart
adaptés aux besoins de l'expédition
tels: lampes rechargeables double usage, solarimètre,
lampe à DEL, stroboscope...

Boîtier
modulaire intégrant un système de contrôle

Modules solaires
Uni-Solar
L'oeil vif, Bernard repère
immédiatement deux couleurs familières:
vous l'avez deviné, "Jaune **
et Vert **".
Tout de suite, il commence à décortiquer
le fonctionnement du système. L'expérience
du pôle Sud refait surface, le système
devient vite familier.
Le pôle Sud, le pôle
Nord et maintenant le troisième pôle:
l'Everest. Les capteurs solaires ont depuis plusieurs
années fait le tour de la terre, à
bord de satellites. Grâce à des aventuriers
courageux, n'ayant pas peur des défis et
de l'innovation, les capteurs solaires sont utilisés
d'un pôle à l'autre, à ski,
en canot et maintenant jusqu'au plus haut sommet!!
Clément Bergeron
Environergie

Hypoxie, ou le
mal des montagnes (suite et fin)
Après les malaises bénins
et quelques complications médicales sérieuses
de l'hypoxie hypobarique, il nous reste à
aborder les atteintes directes au cerveau.
L'dème cérébral
fait partie des complications très sérieuses
qu'il faut prévenir à tout prix.
Bien souvent, des signes précurseurs décourageront
le grimpeur dans sa progression avant que ne se
produise une atteinte aussi importante. Maux de
tête intenses, fatigue subite, perte d'équilibre
et euphorie sont les premiers signes qu'il ne
faut pas négliger. Lorsque les conditions
ne permettent pas de corriger la situation par
une descente significative ou un système
d'oxygénation d'urgence, des symptômes
encore plus sérieux se manifestent. En
effet, le grimpeur s'expose alors à connaître
des altérations perceptuelles comme les
hallucinations ou les illusions qui peuvent affecter
son jugement et lui faire commettre des erreurs
graves. L'un d'eux a rapporté dans ces
récits hallucinatoires avoir vu des petits
hommes lui mordre les chevilles. En fait, le contenu
des hallucinations est infiniment diversifié
et le plus souvent il ne reste aucune autocritique
à celui qui en est atteint. L'altération
de la perception du temps est aussi un symptôme
de l'dème cérébral. Les idées
bizarres et irréelles appelées délires
s'ajoutent aux symptômes précédents
avant que ne s'installe une agitation incoordonnée
ou une léthargie pré-comateuse.
Évidemment, il vaut mieux prévenir
l'apparition de cette condition sérieuse.
À un niveau physiologique,
bien que le mécanisme exact demeure à
élucider, on peut dire que la diminution
de l'oxygène sanguin (hypoxémie)
entraîne une vasodilatation des petites
artères du cerveau. Ce phénomène
laisse passer le plasma sanguin dans les tissus
cérébraux avoisinants les artérioles.
En conséquence, le cerveau gorgé
de liquide augmente de volume et se retrouve comprimé
contre les os du crâne. Il en résulte
une réaction en chaîne qui peut dégénérer
rapidement et être fatale. Le traitement
en est bien sûr l'oxygénation par
l'utilisation de bonbonne, les caissons de compression
hyperbarique, et l'évacuation. L'équipe
de Bernard possède ce type d'équipement
d'urgence. Pour diminuer l'enflure du cerveau,
la cortisone (dexaméthasone) est utilisée
à haute dose et peut ainsi contribuer à
rétablir un certain équilibre physiologique.
Cette complication critique qu'est
l'dème cérébral ne devrait
pas survenir dans des conditions habituelles d'une
ascension planifiée lorsque les précautions
nécessaires sont prises. L'équipe
de Bernard est bien préparée et
seule une situation imprévue pourrait les
exposer à connaître de tels risques.
Je suivrai avec vous la suite de cette expédition
par le magazine ou les autres médias. N'oubliez
pas que les quelques connaissances que j'ai essayé
de vous transmettre par ces chroniques médicales
ne font pas de vous un expert en la matière,
alors prudence et si vous allez en très
haute montagne, assurez-vous d'être bien
préparés.
Dr Martin Tremblay
CHUM Pavillon Notre-Dame.
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