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. Volume 1, Numéro 4


Cérémonie de remise des insignes
de l'Ordre Domaine Cataraqui - 18 juin 1997

Photographe - Daniel Lessard


Le député de Vimont
Ministre de l'Environnement
et de la Faune et responsable
de la région de Laval

Message du ministre de l'Environnement
et de la Faune
ministre responsable de la région de Laval
et
député de Vimont

M. David Cliche

Il me fait plaisir, au nom du gouvernement du Québec, de mentionner avec quelle fierté nous avons suivi le dernier périple de M. Bernard Voyer sur le continent antarctique. C'est avec cette même fierté, aujourd'hui, que nous le regardons partir pour une nouvelle mission, l'ascension du mont Everest, le Toit du Monde.

M. Voyer est un exemple de courage, de détermination, de volonté et de persévérance pour tous les Québécoises et Québécois. Dans un élan d'admiration nous souhaitons la meilleure des chances à ce "grand aventurier devant l'Éternel". Que le succès soit présent à tous les moments de ce nouveau défi.

Le ministre de l'Environnement et de la Faune

DAVID CLICHE


À quelques jours du départ pour une expédition à l'Everest on se trouve dans un état très particulier. Pendant de longs mois de préparation, il y avait d'innombrables choses à faire: le matériel à choisir, commander, trier, organiser, etc.; l'entraînement à poursuivre de façon régulière; les communications, le transport, la nourriture, la logistique à organiser. Ça n'en finit plus. Il y a toujours un petit quelque chose de plus à ajouter, une proposition intéressante à prendre en considération avant de partir. Mais il arrive un moment, et c'est quelques jours avant le départ, (plus si tu es chanceux) où l'on ne peut plus rien faire pour changer quoi que ce soit. Les jeux sont faits! Et c'est à ce moment-là que la véritable expédition commence. Tout ce que tu as préparé, planifié, commence alors à se dérouler ... en suivant le plan prévu, espérons-le!

Je te souhaite, mon ami Bernard, un bon début d'expédition. Que tout le coeur et l'âme que tu as mis dans ce projet jusqu'à maintenant se transforment en carburant utile pour l'ascension, et surtout que dans quelques semaines, quelques mois, tu puisses contempler la terre de son plus haut point.

Bonne chance et à très bientôt.

Yves Laforest


Bernard,
it's David Hempleman-Adams in England. I'll give you another phone call at home later and try to get hold of you before you go off. If for any reason I don't get hold of you, I'm gonna write to you at base camp.

I wish you all the luck and I will be lighting a candle for you.

I know you're gonna do it. Just taking one step at a time, you're gonna be fine.

A man's reach should exceed his grasp, or what's a heaven for?

Talk to you soon.

David Hempleman-Adams


Bonjour,

J'ai eu l'immense plaisir de rencontrer Bernard et de lui serrer la main lors d'une allocution en novembre au congrès de la société Grics à Montréal. Bernard m'a beaucoup impressionné par son amour du froid. J'aime bien le suivre et c'est avec un énorme intérêt que je consulterai votre site pour voir son expédition vers l'Everest. Ces grands hommes nous aident quotidiennement par leurs exemples de volonté et de courage lors de tels défis. Salutations et bon courage. Un gars de la Côte-Nord.

Robert Cyr (minganie)

Havre-Saint-Pierre


Bonjour,

Nous tenons à vous dire que c'est avec beaucoup d'intérêt que nous suivrons votre nouvelle aventure. Pendant que nous vaquerons à nos occupations quotidiennes, il y aura souvent des pensées qui iront du côté de l'Everest. Vous participerez également à plusieurs de nos conversations par le biais de votre courage et de votre détermination.

Bonne route!

Chantal et Jean


Bonjour Bernard Voyer et toute l'équipe! Je compte bien être branché pour suivre vos exploits. Je suis un peu jaloux de ne pouvoir être des vôtres ou tout simplement un phénomène à votre mesure. Je suis quadriplégique depuis 24 ans (j'en ai 42) et j'aimerais vous exprimer mon encouragement et mon admiration. Malgré mon lourd handicap, j'ai visité les Alpes françaises, les Rocheuses canadiennes et les volcans du Costa Rica. Est-il utile de vous dire que j'aime les montagnes pour si peu accessibles qu'elles me soient. Mon esprit et mon coeur vous accompagnent. Je vous demande de penser à moi qui depuis l'Abitibi vous supporte en pensée.

Salutations!

Alain Gravel

 

As-tu peur Bernard?

Sept cents. Ils sont plus de sept cents, fous ou experts de l'extrême, à avoir osé braver cette montagne mythique aux tentacules encore plus grandes que sa légendaire hauteur. Huit mille quatre cent quarante huit mètres de roc, de froid arctique où chaque pas est un affront à l'élément. Chaque campement est gagné à bout de souffle avec pour tout accueil des noms aussi évocateurs que Cascade de la peur, Vallée du silence, Porte de la mort. Une montée interminable où chaque respiration est quêtée jusqu'au plus profond de ses entrailles. Un sentiment tellement intense que chaque redémarrage est un défi physique insupportable. Plus la victoire se rapproche et plus le coton s'empare du reste du corps qui est encore intact. Alors commence une lutte implacable entre la raison et la folie. Chacune essayant de l'emporter avec des stratagèmes aussi vicieux que cruels. Quand c'est la folie qui gagne, certains y voient des hélicoptères salvateurs, d'autres offrent le thé à des compagnons imaginaires... Quand c'est la raison qui l'emporte c'est l'estimation exhaustive du temps qui reste, des véritables comptes d'apothicaire qui permettront ou non l'ascension finale. Et après? Une vision unique. Le sentiment d'être tout en haut du monde. Le privilège de quelques élus qui auront gravé dans leur mémoire un regard unique, exclusif, ultime récompense des efforts accomplis. Un tout petit morceau de quelques mètres carrés, un tapis aux couleurs immaculées qui veille sur le monde depuis des millénaires, voilà donc l'offrande finale à chacun de ces apôtres de l'extrême. Le Toit du Monde abritera bientôt un curieux Yéti venu de Rimouski qui essaiera à son tour d'effrayer cette Grande Dame qui en a tant vu.

«Sans la peur, il n'y pas d'aventure, il n'y a que la folie».

Merci Bernard d'avoir répondu!

Robert Frosi

L'histoire de l'ascension dans l'Himalaya

Dès 1851, des géographes anglais dépassent l'altitude de 7 000m; en 1883, l'anglais W. Graham escalade avec son équipe un sommet de plus de 7 200m. En 1909 le Duc des Abruzzes parvient à l'altitude de 7 500m durant l'ascension du Chogolisa. Il faudra attendre 1922 pour que le hommes atteignent et dépassent les 8 000m; G.I. Finch renoncera à son ascension de l'Everest à 8 250m. En 1924 l'anglais Norton atteint les 8 500m et on spécule sur les altitudes plus élevées qui auraient été atteintes par les deux alpinistes anglais Irvine et Mallory qui ont malheureusement disparu. Il faudra attendre le 29 mai 1953 à 11h30 pour que le Toit du Monde (8 848m) soit foulé pour la première fois par le néo-zélandais Edmund Hillary et le népalais Norgay Tenzing.

Bonjour!!!

On est 2 fidèles admiratrices de l'exploration en altitude, impressionnées par le vent, le froid, les étoiles et les marées... On a pas vraiment de question en particulier mais un GROS mot d'encouragement à monsieur Voyer dans son ascension vers le plus haut sommet au monde! Toutes nos pensées sont avec vous, dans la brise, toujours plus haut... jusqu'aux étoiles.... Gros bisous pour vous réchauffer avant de commencer à monter.

Caro Veilleux et Anne-Marie Courchesne XXX


Cher Bernard,

Je te souhaite bonne chance, bon courage et reviens-nous en bonne santé et de bonne humeur. Tu le sais déjà, mais laisse-moi encore te le répéter. J'ai beaucoup d'admiration pour toi et pour ce que tu fais (surtout à ton âge...).

Amicalement,

Yves Frey

Suggestions de lecture

1000 sommets des Alpes, de Nice à Vienne
Ernst Höhne
Éditions : Franck Mercier

Heroic climbs
General Editor :
Chris Bonnington
Éditions : The mountaineers

A history of mountain climbing
Roger Frison-Roche et Sylvain Jouty
Éditions : Flammarion

 

Les glaciers et le niveau de la mer

Les deux plus importants réservoirs d'eau sur la Terre sont les océans et les glaciers. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'eau de la nappe phréatique, des lacs, des rivières, de même que celle contenue dans l'atmosphère sous forme de vapeur d'eau, ne représente qu'un faible pourcentage de l'eau terrestre. La quantité d'eau formant les deux principaux réservoirs étant plus ou moins constante, on conclue qu'une augmentation (diminution) du niveau de la mer est accompagnée d'un retrait (une progression) des glaciers.

Un climat plus chaud, dû à l'accroissement des gaz à effet de serre, par exemple, pourrait modifier l'état des glaces et entraîner des changements importants du niveau des eaux. Deux effets sont à prévoir. Un climat plus chaud accroît l'évaporation et par conséquent, les précipitations neigeuses dans les parties froides du glacier. Cette neige, source du glacier, contribuerait à sa progression. À l'opposé, un climat plus chaud entraînerait une fonte des glaces situées sous la ligne des neiges éternelles, et donc sa diminution. Somme toute, on estime qu'un réchauffement entraînerait une retraite des glaces.

Il existe cinq réservoirs de glace qui peuvent influencer le niveau des eaux: la glace marine, les glaciers de montagne, la calotte de glace du Groënland, celle de l'Antarctique de l'ouest et celle de l'Antarctique de l'est. De toutes ces sources, la seule qui pourrait avoir un effet catastrophique sur le niveau de la mer est celle de l'Antarctique de l'ouest.

La glace marine, en fondant, influence très peu le niveau de la mer puisque celle-ci occupe déjà son propre volume en eau. Les glaciers de montagne ne représentent qu'un faible pourcentage du volume total de la glace terrestre. Leur fonte, échelonnée sur une période de quelques centaines d'années, augmenterait le niveau des eaux d'à peine quelques centimètres. La quantité totale d'eau prise dans la calotte glaciaire du Groënland correspondrait à une élévation moyenne du niveau des océans de sept mètres à la grandeur de la planète. La fonte de ce glacier pourrait s'effectuer sur plusieurs siècles à un taux annuel de quelques millimètres par année, comparativement à 20 millimètres vers la fin de la dernière glaciation. Aussi, il est soutenu en périphérie par des montagnes et est donc très stable. La fonte du glacier de l'Antarctique de l'est (de 15 O à 165 E), de loin le plus gros de la planète, correspondrait à une augmentation du niveau des océans de 70 mètres. En Antarctique de l'est, les précipitations sont quasi inexistantes et la fonte due au climat extrêmement froid, minime; un réchauffement aurait donc très peu de conséquences sur sa masse totale. De plus, il n'a aucune perte de masse causée par la formation d'icebergs, puisque tout comme le glacier du Groënland, il est encerclé de montagnes. Le glacier de l'Antarctique de l'ouest est un cas bien différent. Supporté de part et d'autre dans les mers de Weddel et de Ross par deux glaciers encrés sur le sol marin, il est extrêmement instable. Un réchauffement des océans pourrait entraîner la fonte de ses deux piliers et causer l'effondrement des glaces empilées sur le continent. On estime que l'écroulement de ce glacier pourrait se produire sur une période de plusieurs décennies ou de quelques siècles. Ceci entraînerait une augmentation du niveau des océans de plusieurs centimètres par année, du jamais vu auparavant!

Bruno Tremblay,
Lamont-Doherty Earth Observatory of Columbia University
rt 9W, Palisades, New York, U.S.A.

Tél: (914) 365-8669
Fax: (914) 365-8736
Email: tremblay@ldeo.columbia.edu

Virtuel Everest

Un peu plus de 700 personnes ont déjà gravi l'Everest sous toutes ses coutures. Mais saviez-vous qu'on pourrait s'improviser alpiniste tout en restant chez soi? Vous pensez peut-être que l'ivresse des hauteurs m'a gagné? Pas du tout! Il s'agit bel et bien d'une expérience qui a eu lieu en France dans le courant de l'hiver. Huit alpinistes virtuels dont quatre étudiants en médecine ont séjourné dans trois caissons hypobare durant trente deux jours. Pour les besoins de l'expérience on a recréé les conditions de raréfaction de l'oxygène et de la pression d'un peu moins de 300 millibars, quand on dépasse les 8000 mètres d'altitude. Tout avait été mis en oeuvre pour simuler les différents paliers de l'ascension. Si vous voulez vous rendre compte de ce que Bernard Voyer va endurer lorsqu'il aura dépassé les 8000 mètres, voici quelques données: la perte de l'appétit, du sommeil, des migraines parfois violentes, un essoufflement qui à chaque instant vous fait craindre le pire... Tous ces symptômes ont été vérifiés par ces huit « altinautes ». D'ailleurs, pour vous rendre compte des dangers que l'organisme peut encourir, voici l'exemple d'un des « cobayes des hauteurs ». Vers la fin de l'ascension virtuelle, le jeune alpiniste de haut niveau Kim Baudin, qui était un des plus fringants cobayes, commence à souffrir de troubles neurologiques. Il est conscient mais ne marche plus très droit, de plus il ne peut écrire, ni parler. Il faut le sortir d'urgence du caisson. Résultat, il a dû passer 24 heures en réanimation sous morphine! L'équipe continuera l'expérience à sept. Ces recherches de haut niveau vont permettre de mieux comprendre les réactions de l'organisme face aux effets de l'altitude. Les applications peuvent être multiples: effets sur le sang, la toux, le cerveau, la sensibilité nasale... Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on utilise les caissons pour étudier les effets sur l'organisme humain. En fait, c'est la compagnie maritime d'expertises (Comex) créée en 1961, qui a une réputation dans les travaux sous-marins, qui a mis au point des caissons pour favoriser les paliers de décompression pour leur plongeurs. De là à envisager le contraire, c'est-à-dire à utiliser ces caissons pour les paliers en altitude, il n'y eut qu'un pas qui a été rapidement franchi. L'opération « Everest Comex 97 » a permis, durant les trente jours, aux huit reclus volontaires qui travaillaient en moyenne huit heures par jour, de réaliser des dizaines de tests et compiler des milliers de données. Bernard Voyer ressemblera, toute virtualité mise à part, à ces « cobayes des hauteurs » car il réalisera pour les chercheurs de l'Université Laval une batterie de tests avant et après l'expédition.

Robert Frosi

Que fait donc le docteur !

Que fait donc le docteur dans sa lointaine Gaspésie, à quelques jours du départ? Il assure ses dernières gardes à l'hôpital et tente de répondre aux demandes pressantes des patients de la Clinique de la Douleur. Patients anxieux de le savoir parti si longtemps! Pique à gauche, pique à droite, pique tout azimut pour satisfaire et soulager des clients souffrants qui ont entendu à l'entrevue de Radio-Canada Matane qu'il s'absentait jusqu'en novembre.

Et puis il y a la petite ferme à réorganiser pour l'hiver... Le foin doit être rentré et le oisons devenus gros et gras s'alignent plumés et vidés dans le congélateur. Multiples corvées à devancer en prévision des premières neiges qui l'accueilleront à son retour. Avec des promenades au verger, plein de promesses tardives, qu'il ne goûtera point! Difficile de tout avoir!!!

Quant au « job » d'assistance médicale, c'est à coups de fax et de fil qu'il s'en acquitte. Multiples échanges avec les équipes de Médecine de haute montagne européennes (Chamonix, Innsbruck). Préparation des boîtes de matériel chirurgical et réanimatoire.

Voilà l'essentiel. Sans oublier mille et un détails pour assurer un séjour confortable au camp de base (jeux de cartes, livres, etc...) Vrai que l'essentiel et les détails procurent la fièvre et la joie des grands départs. Vrai que les barils emplis de stock sur la galerie concrétisent le compte à rebours. Vrai que les bernaches et les fous de Bassan vont bientôt croiser le ciel de Gaspé. Son ciel à lui sera alors plein du Toit du Monde avec des compagnons d'aventure qui y cheminent.

Vrai qu'il a bien hâte...

Thierry Pétry, Gaspé

 

Jamais assez...

Parler d'un voyage, d'une rêve, d'un projet de première ou d'un désir de partir là où peu sont allés est très simple. Tellement simple que plusieurs oublient que ce qui compte vraiment, c'est l'action. Rêver, c'est bien. Raconter ses rêves l'est aussi. Planifier, c'est un début. Mais partir, voilà l'intensité... vivre auprès de la nature, se faire dominer par elle, comprendre un peu mieux sa force et la respecter afin d'assurer sa survie.

L'attente du départ est longue, mais une fois arrivée, le temps se défile devant nos yeux. La liste est sans fin, l'équipement, la nourriture, la logistique... Une chose qu'il ne faut surtout pas oublier «d'oublier», c'est sa mémoire. C'est plus facile de ne pas se souvenir de l'eau courante, du chauffage, de la douche et bien d'autres luxes une fois en montagne.

Les semaines, les minutes et les secondes du passé ont mené à ce point culminant. Le regard au loin et c'est parti! Certains demandent «Pourquoi?» La réponse traditionnelle par excellence est: «Parce qu'elle est là !»

Pour une montagne aussi grandiose et majestueuse, la réponse est manquante mais avec justification. Il est impossible de décrire avec de simples mots ce qui attire les grimpeurs vers les montagnes. Ça ne se raconte pas, ça se vit. Ceux qui cherchent à savoir pourquoi ne partiront jamais. Il n'est pas nécessaire d'avoir réponse à tout. Parfois les meilleures choses n'ont pas de raison. Il s'agit de retrouver son coeur de jeunesse et de se laisser guider. L'étoile filante ou l'aurore est toujours plus belle si on ne sait pas que c'est de la poussière atmosphérique. À chaque retour d'aventure, l'intensité est plus forte mais elle n'est que de courte durée. Le désir du hasard nous hante, il es temps de repartir... Jamais assez souvent, jamais trop loin, jamais trop difficile, jamais assez.

Be there it is, climb it you will, come back you must!


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