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Sans frontière
Le Petit Prince » de Saint-Exupéry
s'est promené d'une planète à
l'autre afin de voir ce qu'il pouvait trouver.
Tout comme les explorateurs, il voyagea pour connaître
et voir de nouvelles choses; des couchers de soleil
sous un angle différent, des cultures étrangères,
des montagnes plus hautes, des volcans actifs...
Le Petit Prince a rencontré des hommes
différents mais qui semblaient avoir une
chose en commun. Ces derniers ne profitaient jamais
de la nature qui les entourait. Souvent lorsqu'on
vieillit, on oublie les rêves que nous avions
lors de notre jeunesse. On oublie de prendre le
temps pour sentir une fleur, regarder l'horizon,
s'étendre sur le gazon... En observant
les jeunes de sixième année lors
d'un récit d'aventure, j'ai remarqué
leur désir d'explorer et de vouloir connaître
ce qu'il y a de l'autre côté de la
colline.
Un coeur de jeunesse est à
l'intérieur de chaque explorateur, c'est
comme ça qu'il arrive à rêver
et laisser de côté les découragements
des autres. &laqno; Impossible vous dites,
si je n'essaie pas, jamais je ne le saurai ».
Seuls les adultes doivent demander: &laqno;
Quelle est l'utilité de grimper une montagne?
» Les jeunes eux, n'ont pas besoin de raison,
ils savent tout comme le Petit Prince, que l'essentiel
est invisible pour les yeux. Aucun bien matériel
n'est gagné lorsqu'on atteint le but d'une
expédition, que ce soit le pôle Sud
ou le sommet de l'Everest. Par contre, celui ou
celle qui revient d'un tel voyage a acquis une
richesse intérieure et c'est ça
qui est important.
On n'a pas le choix de vieillir,
mais il est important de ne pas oublier qu'il
n'existe pas de frontières ni de limites...
Si vous avez des questions ou commentaires,
envoyez-moi un message au:
john-patrick.hui@sympatico.ca
(vos questions paraîtront
peut-être dans le prochain numéro)
John-Patrick Hui

Cramponnez-vous
Permettez une petite intro. Quelques
mots réunis pour souligner le profond intérêt
que ressent La Cordée à soutenir
les professionnels du plein air. C'est à
l'aide du réseau Internet que notre entreprise
suivra l'ascension du mont Everest par Bernard
Voyer. Aussi, en guise de préparation,
nous proposons aux cyber-lecteurs d'Everest Magazine
un topo général sur les principaux
équipements requis dans la réalisation
d'un exploit en montagne. Cette semaine: les crampons.
Gardez bien les deux pieds sur terre
serait un bon conseil à donner à
tous les amateurs d'activités en montange.
Les crampons, solidement fixés aux bottes
de montagne, assurent une progression rapide et
efficace sur la neige, la glace et les terrains
mixtes. On distingue trois types de crampons:

Crampon de randonnée
Marcher hors saison (tard l'automne,
tôt le printemps) dans les Adirondacks et
les montagnes Blanches exige un crampon flexible
qu'on pourra attacher tant sur une coque plastique
qu'une bonne vieille botte 100 % cuir. Muni d'une
articulation flexible, le crampon saura ainsi
s'adapter à la souplesse de votre chaussure
de marche (à droite sur la photo). Environ
99$.
Crampon d'escalade de glace
À l'opposé, le crampon
d'escalade de glace est ultra-rigide. La plate-forme
ainsi formée ne bouge pas et ne s'adapte
qu'aux bottes spécialisées. Seuls
ancrages verticaux, les pointes avant (à
l'horizontale) sont souvent dentées afin
de pénétrer la glace avec force
(au centre sur la photo). Environ 179$.
Crampon d'alpinisme
Comme l'exige la variété
des conditions alpines, ce crampon est destiné
tant à la marche sur glacier qu'à
l'escalade verticale. Les pointes avant sont à
l'horizontale mais la plate-forme est creuse afin
d'évacuer la neige pendant la marche. Selon
leurs préférences, les alpinistes
préféreront un modèle entièrement
automatique ou muni de lanières (à
gauche sur la photo). Environ 179$.
Au cours des prochaines chroniques,
nous aborderons quelques notions concernant les
piolets, les cuissards, les mousquetons et les
cordes.
L'ÉQUIPE
LA CORDÉE
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Thierry
Pétry médecin de l'expédition
Liste de choses importantes à
faire avant le départ pour le Népal:
- Rassembler les outils traitant
de médecine de haute montagne (articles
récents et cours suivis à Chamonix
en 1985)
- Renseignements concernant la
purification de l'eau (filtres et iodification)
- Encourager soins et contrôles
dentaires auprès des membres
- Décompter les appendices
restants auprès des membres!
- Vérifier les assurances
individuelles (voyage)
- Spécifier les critères
de sélection des Sherpas
- Procédures de transport
des narcotiques de la trousse de pharmacie vérifiées
auprès des douanes et autorités


Hypoxie ou le
mal des montagnes
L'adaptation du corps humain en
altitude nécessite des modifications physiologiques
complexes qui touchent plusieurs systèmes
et organes. Le froid, le vent, l'exercice physique
et surtout la diminution de l'oxygène,
influencent par des mécanismes différents
les fonctions vitales des grimpeurs.
À 2 500 mètres
au-dessus du niveau de la mer, la majorité
des individus, même s'ils sont en bonne
condition physique, commencent à percevoir
les effets de cette hypoxie hypobarique (diminution
de l'oxygène secondaire à la baisse
de pression atmosphérique). La respiration
s'accélère et devient spontanément
plus profonde. Par exemple, à 3 000
mètres, s'il y a augmentation subite de
la consommation en oxygène par les muscles
suite à un exercice physique même
léger, le cerveau se trouve en manque d'oxygène
et des étourdissment surviendront. Heureusement,
le corps possède des mécanismes
d'adaptation qui permettent en quelques heures,
à ces altitudes, de compenser et de recréer
un équilibre entre la capacité respiratoire
et les besoins des différents organes.
Cependant plus l'ascension progresse, plus les
effets du manque d'oxygène apparaissent
rapidement. Les mécanismes de compensation
sont plus lents à réagir. La nuit
pour les grimpeurs représente un défi
particulier car c'est à ce moment que plusieurs
malaises apparaissent. De façon automatique,
le rythme respiratoire diminue pendant le sommeil
et replonge le corps dans un état de manque
d'oxygène. On appelle "mal des montagnes"
les premières manifestations désagréables
mais pas trop dangereuses qui indiquent aux grimpeurs
que l'ascension doit ralentir et même rétrograder
un peu pour permettre l'adaptation. En général,
cela débute par de légères
nausées, un mal de tête, de l'inappétence,
de la fatigue, de l'insomnie et parfois une toux.
Chez la plupart des individus ces symptômes
sont transitoires et disparaissent en 24 à
48 heures si l'altitude demeure la même.
S'ils persistent ou s'aggravent, il faut alors
rétrograder en altitude. On évite
ainsi de s'exposer à des complications
sévères, parfois mortelles. Dans
notre prochaine chronique nous détaillerons
quelles sont ces complications et comment y réagir
lorsqu'elles surviennent malgré les précautions
entreprises.
Le mal des montagnes, comment le
prévenir:
- ascension graduelle et lente
au-dessus de 2 500m
- dormir à plus faible altitude
que l'on a grimpée dans la journée
- éviter la déshydratation
(l'alcool en particulier)
- éviter les somnifères
Comment soulager les symptômes
une fois apparus:
- redescendre de 300 mètres
et attendre que ça rentre dans l'ordre
- soulager le mal de tête
avec de l'acetaminophène
- prendre de l'oxygène
- deux médications
peuvent être utilisées mais dans
des situations particulières (acétazolamide
ou dexaméthazone)
Martin Tremblay,
M.D.
CHUM Pavillon Notre-Dame
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