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. Volume 1, Numéro 2

Le cellulaire de Christophe Colomb

Certains de ses détracteurs disaient de lui qu'il médiatisait à outrance ses expéditions, qu'il se faisait du "capital journalistique" avec ses communications du bout du monde. Dans le monde difficile dans lequel nous vivons, pourquoi reprocher l'accès au rêve, à l'aventure? Pourquoi refuser que l'aventurier se transforme en conteur et qu'il utilise pour ce faire les nouvelles technologies? L'aventure est-elle d'autant amoindrie, perdrait-elle toute sa valeur parce qu'elle va atteindre le moindre recoin des plus petits foyers? L'aventure serait-elle jugée uniquement si elle a été "enfantée" dans le secret et l'anonymat?

Il est grand temps que les aventuriers qui le désirent utilisent ces nouvelles technologies pour faire vivre et surtout partager un morceau de ces moments hors du commun. Il n'y a pas de vergogne à traverser une tempête de neige par -50 degrés Celcius et faire partager ses peurs et ses angoisses à l'auditeur qui imaginera à son tour l'univers inhospitalier que traverse l'aventurier. Que l'aventure n'est pas nécessairement un film de Spielberg où le héros s'en sort toujours à la fin.

Que le partage fait aussi partie de l'aventure.

Si Christophe Colomb l'avait pu il nous aurait décrit les nouvelles terres en même temps qu'il venait de les découvrir et Amérigo Vespucci nous parlerait de son historique pas sur les terres inhospitalières.

Que faisiez-vous donc en 1969 quand Armb mit son premier pas sur la lune? Il y en aura toujours pour partager ces moments historiques comme ce court souffle que nous entendrons dans quelques mois et qui dira "J'ai réussi, je suis sur le Toit du monde", attendez d'écouter la description unique qui suivra...

Ah, si Christophe Colomb avait eu un cellulaire!

Robert Frosi
Rédacteur en chef


Robert Frosi, rédacteur en chef de Everest Magazine, a été journaliste-recherchiste à la radio de Radio-Canada à l'émission "Hebdo-Sports". Réalisateur de l'émission radiophonique quotidienne "Galerie de Presse" sur les ondes de Radio-Canada, il a de plus signé des reportages à l'émission d'information "Le Point" et à l'émission "Enjeux". Collaborateur de plusieurs magazines dont le défunt "Sports Magazine". Chargé de cours à l'UQAM en communication et récipiendaire trois années consécutives (94, 95, 96) du prix Michel Normandin de l'association de la presse sportive catégorie radio.

 

Himalaya,
"Demeure des neiges"

"Demeure des neiges", c'est la traduction évocatrice de l'Himalaya. On dit souvent que l'Himalaya commence là où finissent les autres montagnes. On ne croit pas si bien dire quand on sait que cela représente 2 000 km d'Est en Ouest, avec ses quatorze sommets de plus de huit mille mètres, ses cent sommets qui dépassent les sept mille et on ne compte plus ceux atteignant les six mille mètres. Quelques noms de sommets mythiques:
l'Everest.....8 848m,
le K2.....8 620m,
le Nanga Parbat.....8 115m
et l'Annapurna.....8 078m.


Saviez-vous que... le mercredi 18 juin dernier, l'Ordre national du Québec accueillait 21 nouveaux membres. Parmi ceux-ci, Bernard Voyer était décoré de la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec et était ainsi reçu Chevalier de l'Ordre national du Québec. Cet insigne honneur lui a été présenté par le Premier ministre Lucien Bouchard lors d'une cérémonie ayant eu lieu à Québec.


Le voyage d'un flocon de neige!

Bien que la glace ait l'aspect d'un solide, la pression à l'intérieur d'un glacier est telle que son état change; de solide il devient fluide. Le glacier s'écoule à la manière d'un liquide très visqueux. Les vitesses d'écoulement dépendent, en grande partie, de sa pente en surface et de celle du lit sur lequel il repose. Ces écoulements peuvent atteindre quelques centaines de mètres par an à la base tandis que la sédimentation peut causer un affaissement de plus d'un mètre par an à la surface.

Même si le glacier s'écoule, sa forme peut rester plus ou moins la même à condition que l'accumulation de neige à la surface soit compensée par la sédimentation, dans sa partie supérieure, et par la fonte de sa base, à mesure qu'il se déplace. À la base, les glaces avancent tranquillement vers la mer et un bloc finit par se détacher. Les accumulations de neige à la surface du glacier migrent vers la base qui se déplace vers l'avant. Les icebergs sont donc le résultat de plusieurs milliers d'années de voyage de flocons de neige partis de la surface pour aboutir à la base du glacier. Ceux des côtes du Groënland et de l'Antarctique illustrent bien ce phénomène.

Bruno Tremblay,
glaciologue

Lamont-Doherty Earth Observatory
of Columbia University
rt 9W, Palisades, New York, U.S.A.

Tél: (914) 365-8669
Fax: (914) 365-8736
Email: tremblay@ldeo.columbia.edu

Sans frontière

Le Petit Prince » de Saint-Exupéry s'est promené d'une planète à l'autre afin de voir ce qu'il pouvait trouver. Tout comme les explorateurs, il voyagea pour connaître et voir de nouvelles choses; des couchers de soleil sous un angle différent, des cultures étrangères, des montagnes plus hautes, des volcans actifs... Le Petit Prince a rencontré des hommes différents mais qui semblaient avoir une chose en commun. Ces derniers ne profitaient jamais de la nature qui les entourait. Souvent lorsqu'on vieillit, on oublie les rêves que nous avions lors de notre jeunesse. On oublie de prendre le temps pour sentir une fleur, regarder l'horizon, s'étendre sur le gazon... En observant les jeunes de sixième année lors d'un récit d'aventure, j'ai remarqué leur désir d'explorer et de vouloir connaître ce qu'il y a de l'autre côté de la colline.

Un coeur de jeunesse est à l'intérieur de chaque explorateur, c'est comme ça qu'il arrive à rêver et laisser de côté les découragements des autres. &laqno; Impossible vous dites, si je n'essaie pas, jamais je ne le saurai ». Seuls les adultes doivent demander: &laqno; Quelle est l'utilité de grimper une montagne? » Les jeunes eux, n'ont pas besoin de raison, ils savent tout comme le Petit Prince, que l'essentiel est invisible pour les yeux. Aucun bien matériel n'est gagné lorsqu'on atteint le but d'une expédition, que ce soit le pôle Sud ou le sommet de l'Everest. Par contre, celui ou celle qui revient d'un tel voyage a acquis une richesse intérieure et c'est ça qui est important.

On n'a pas le choix de vieillir, mais il est important de ne pas oublier qu'il n'existe pas de frontières ni de limites...

Si vous avez des questions ou commentaires, envoyez-moi un message au:
john-patrick.hui@sympatico.ca

(vos questions paraîtront peut-être dans le prochain numéro)

John-Patrick Hui


Cramponnez-vous

Permettez une petite intro. Quelques mots réunis pour souligner le profond intérêt que ressent La Cordée à soutenir les professionnels du plein air. C'est à l'aide du réseau Internet que notre entreprise suivra l'ascension du mont Everest par Bernard Voyer. Aussi, en guise de préparation, nous proposons aux cyber-lecteurs d'Everest Magazine un topo général sur les principaux équipements requis dans la réalisation d'un exploit en montagne. Cette semaine: les crampons.

Gardez bien les deux pieds sur terre serait un bon conseil à donner à tous les amateurs d'activités en montange. Les crampons, solidement fixés aux bottes de montagne, assurent une progression rapide et efficace sur la neige, la glace et les terrains mixtes. On distingue trois types de crampons:

Crampon de randonnée

Marcher hors saison (tard l'automne, tôt le printemps) dans les Adirondacks et les montagnes Blanches exige un crampon flexible qu'on pourra attacher tant sur une coque plastique qu'une bonne vieille botte 100 % cuir. Muni d'une articulation flexible, le crampon saura ainsi s'adapter à la souplesse de votre chaussure de marche (à droite sur la photo). Environ 99$.

Crampon d'escalade de glace

À l'opposé, le crampon d'escalade de glace est ultra-rigide. La plate-forme ainsi formée ne bouge pas et ne s'adapte qu'aux bottes spécialisées. Seuls ancrages verticaux, les pointes avant (à l'horizontale) sont souvent dentées afin de pénétrer la glace avec force (au centre sur la photo). Environ 179$.

Crampon d'alpinisme

Comme l'exige la variété des conditions alpines, ce crampon est destiné tant à la marche sur glacier qu'à l'escalade verticale. Les pointes avant sont à l'horizontale mais la plate-forme est creuse afin d'évacuer la neige pendant la marche. Selon leurs préférences, les alpinistes préféreront un modèle entièrement automatique ou muni de lanières (à gauche sur la photo). Environ 179$.

Au cours des prochaines chroniques, nous aborderons quelques notions concernant les piolets, les cuissards, les mousquetons et les cordes.

L'ÉQUIPE LA CORDÉE

 

Thierry Pétry médecin de l'expédition

Liste de choses importantes à faire avant le départ pour le Népal:

  1. Rassembler les outils traitant de médecine de haute montagne (articles récents et cours suivis à Chamonix en 1985)
  2. Renseignements concernant la purification de l'eau (filtres et iodification)
  3. Encourager soins et contrôles dentaires auprès des membres
  4. Décompter les appendices restants auprès des membres!
  5. Vérifier les assurances individuelles (voyage)
  6. Spécifier les critères de sélection des Sherpas
  7. Procédures de transport des narcotiques de la trousse de pharmacie vérifiées auprès des douanes et autorités

 


 

Hypoxie ou le mal des montagnes

L'adaptation du corps humain en altitude nécessite des modifications physiologiques complexes qui touchent plusieurs systèmes et organes. Le froid, le vent, l'exercice physique et surtout la diminution de l'oxygène, influencent par des mécanismes différents les fonctions vitales des grimpeurs.

À 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, la majorité des individus, même s'ils sont en bonne condition physique, commencent à percevoir les effets de cette hypoxie hypobarique (diminution de l'oxygène secondaire à la baisse de pression atmosphérique). La respiration s'accélère et devient spontanément plus profonde. Par exemple, à 3 000 mètres, s'il y a augmentation subite de la consommation en oxygène par les muscles suite à un exercice physique même léger, le cerveau se trouve en manque d'oxygène et des étourdissment surviendront. Heureusement, le corps possède des mécanismes d'adaptation qui permettent en quelques heures, à ces altitudes, de compenser et de recréer un équilibre entre la capacité respiratoire et les besoins des différents organes. Cependant plus l'ascension progresse, plus les effets du manque d'oxygène apparaissent rapidement. Les mécanismes de compensation sont plus lents à réagir. La nuit pour les grimpeurs représente un défi particulier car c'est à ce moment que plusieurs malaises apparaissent. De façon automatique, le rythme respiratoire diminue pendant le sommeil et replonge le corps dans un état de manque d'oxygène. On appelle "mal des montagnes" les premières manifestations désagréables mais pas trop dangereuses qui indiquent aux grimpeurs que l'ascension doit ralentir et même rétrograder un peu pour permettre l'adaptation. En général, cela débute par de légères nausées, un mal de tête, de l'inappétence, de la fatigue, de l'insomnie et parfois une toux. Chez la plupart des individus ces symptômes sont transitoires et disparaissent en 24 à 48 heures si l'altitude demeure la même. S'ils persistent ou s'aggravent, il faut alors rétrograder en altitude. On évite ainsi de s'exposer à des complications sévères, parfois mortelles. Dans notre prochaine chronique nous détaillerons quelles sont ces complications et comment y réagir lorsqu'elles surviennent malgré les précautions entreprises.

Le mal des montagnes, comment le prévenir:

  • ascension graduelle et lente au-dessus de 2 500m
  • dormir à plus faible altitude que l'on a grimpée dans la journée
  • éviter la déshydratation (l'alcool en particulier)
  • éviter les somnifères

Comment soulager les symptômes une fois apparus:

  • redescendre de 300 mètres et attendre que ça rentre dans l'ordre
  • soulager le mal de tête avec de l'acetaminophène
  • prendre de l'oxygène
  • deux médications peuvent être utilisées mais dans des situations particulières (acétazolamide ou dexaméthazone)

Martin Tremblay, M.D.
CHUM Pavillon Notre-Dame

Élèves de 4 ème année (402)
École Ste-Maria Goretti

 

Bonjour Bernard

Je t'écris cette lettre pour te dire que moi aussi j'aimerais aller la-bas.

Toutes les diapositives étaient très belles. Je te félicite pour le beau défi que tu as relevé. Et merci de m'avoir laissé un message!

Bonne Chance!
Christine Bardier


Salut Bernard,

Je veux te féliciter pour tes belles diapositives et pour le défi que tu affrontes dans tes expéditions. Je te souhaite Bonne Chance!

de Geneviève R.


Bernard, j'ai aimé les diapositives. Surtout celles du beau petit chien et celle du iceberg en forme de chat.

Gabriel Lafrenière

  L'ÉQUIPE DE L'EXPÉDITION EVEREST

ROBIN LECLERC
camp montréalais

Originaire de la région des fjords et du bleuet, Robin s'installe à Montréal en 1987 après un séjour de six mois en Europe. Nourri d'images, de musées, de monuments centenaires, de paysages grandioses, de rencontres, pour lui la logique est de s'inscrire à un programme d'études en histoire de l'art et en cinéma. Au sortir du bac, il travaille quelques temps en cinéma d'animation comme infographiste. À l'automne 1995, Bernard Voyer part pour le pôle Sud. Robin donne un coup de main au camp de base montréalais pendant quelques semaines en décembre. Au printemps suivant, Bernard et Nathalie lui offrent de se joindre à l'équipe régulière d'Expédition pôle Sud comme relationniste. En plus des relations publiques, son mandat pendant l'expédition Everest est de coordonner le site Internet et les communications entre le camp de base et les médias.

NATHALIE TREMBLAY
Everest - camp de base

En provenance du Saguenay, elle s'installe à Montréal en 1987. Ses études en art, en design de mode et en marketing l'amènent tour à tour à être designer, étalagiste, directrice artistique au cinéma. Les arts et la nature l'ont toujours fascinée. À ses yeux, il n'est pas un paysage qui ne soit une oeuvre d'art. Depuis plusieurs années, Bernard et Nathalie partagent leur vie entre Montréal et les Cantons de l'Est à planifier et à organiser les expéditions de Bernard. Ensemble, ils traversent la Terre de Baffin, partagent pendant un mois les beautés du Groënland alors qu'elle y coordonne les communications. Depuis elle a assuré la logistique de l'expédition en Antarctique et elle s'est même rendue jusqu'au pôle Sud accueillir les deux aventuriers amaigris, épuisés, mais heureux. À peine revenue de l'Aconcagua, elle repart pour assurer les communications au camp de base du mont Everest.

DR THIERRY PÉTRY
Everest - camp de base

Né en France et installé à Gaspé depuis 1985, il partage sa vie entre sa profession de médecin anesthésiste et l'aventure. L'Islande, la Terre de Baffin, la Baie de James et l'Ungava ont été ses principales destinations. Bernard et Thierry sont des compagnons d'aventure depuis 1978 et réalisèrent ensemble la traversée du Groënland en 1995. Le 12 janvier 1996, tous deux atteignent le pôle Sud en totale autonomie. Spécialisé en médecine de haute montagne, Thierry assistera Bernard au camp de base de l'Everest: évaluation médicale, soins, expérimentations seront son quotidien.

Bernard sur l'Everest, Nathalie et Thierry en montagne au camp de base, Robin à la permanence du camp montréalais. Tout est en place...


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