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| SA
GÉOGRAPHIE
Continent de 13
millions de km², soit presque la
superficie de l'Amérique du Nord, l'Antarctique
possède l'une des plus grandes chaînes
de montagnes du monde. Elle s'étend sur
4 000km. Son plus haut sommet, le mont
Vinson, culmine à 4 897m.
L'Antarctique est le plus élevé
des 7 continents avec une moyenne de
2 050 mètres d'altitude. La moyenne
de l'ensemble du monde est de 600 mètres
et 720 mètres (2 300 pieds) pour
l'Amérique du Nord.
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| L'Antarctique
est surtout la plus vaste étendue de glace de
la Terre, pouvant atteindre 4800m d'épaisseur.
La masse glaciaire déborde largement du continent
par ses glaciers permanents flottant sur l'océan
appelés glace continentale. Ces glaces continentales
sont considérées comme partie intégrante
du continent et constituent la limite géographique
de l'Antarctique. Si la glace
qui recouvre l'Antarctique fondait, le niveau des océans
s'élèverait de 60 mètres
(200 pieds), immergeant ainsi la plupart des grandes
villes du monde.
La mer qui encercle l'Antarctique, l'Océan
Antarctique, sépare le continent de ses plus
près voisins par des distances importantes. Le
plus près est l'Amérique du Sud, situé
à environ 1 000 km, de la Nouvelle Zélande
(2 200km), de l'Australie (2 250km) et de
l'Afrique du Sud (3 600km).
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| SON
CLIMAT
L'Antarctique est
la région la plus froide du globe, avec
comme record -89,2°C (-128.6°F)
enregistré le 21 juillet 1983. En été,
la température n'excède jamais -10°C.
Le froid intense limite les précipitations
au point de faire de l'Antarctique un immense désert.
On y enregistre de 2 à 5 cm de précipitations
par an, soit moins qu'au Sahara.
Certaines vallées antarctiques
telle la Terre de Victoria, sont les endroits les plus
secs du globe. Les scientifiques
estiment qu'il n'y a eu aucune précipitation
depuis 2 millions d'années. |
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C'est
un désert fait de froid et de vent. Les
vents catabatiques, ou de gravité,
propres aux régions polaires, glissent
sur les glaciers et s'accélèrent
avec le froid pour rendre parfois toute progression
impossible. Ils peuvent
atteindre 300 km/h. |
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| Ces vents
provoquent de véritables tempêtes: deux
tonnes de neige à l'heure par une fenêtre
d'un mètre carré. Ils contribuent
également au refroidissement de l'air. Le facteur
éolien d'un vent de 80km/h avec une température
de -30°C équivaut à -68°C.
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| SA
FAUNE ET SA FLORE
Seulement 2% du continent,
sur les côtes, n'est pas couvert de glace
et on y retrouve 30
millions de manchots!
On dénombre de rares mammifères,
surtout la baleine
et le phoque.
L'ours polaire est absent. Quelques espèces
d'oiseaux, dont la sterne,
le grand labbe,
le petrel
et le cormoran,
ont la capacité de survivre dans ces
climats. L'Antarctique est le seul endroit sur
Terre où il n'y a pas de papillon. |
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| La flore
se limite à des mousses,
des lichens et seulement
deux plantes à fleurs.
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COMBIEN
Y A T-IL DE PÔLE SUD?
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Le
pôle Sud géographique:
c'est l'axe de rotation de la terre et l'objectif
de l'expédition. Il est situé
à 90 degrés de latitude Sud. Rendus
là, le sud n'existe plus et la seule
direction dans laquelle on peut aller est le
nord!
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| Le
pôle Sud magnétique: ce pôle
est celui qui attire l'aiguille de la boussole et il
se déplace continuellement. Il est actuellement
situé au large du continent, dans la région
de Terre Adélie, à 2000km du pôle Sud géographique.
Le pôle Sud
géomagnétique: c'est là
où devrait être le pôle Sud magnétique
si la terre était une sphère magnétiquement
homogène. Dans ce cas, il serait situé
à 78 degrés de latitude Sud et à
111 degrés de longitude Est.
Le pôle Sud
inaccessible: Le point le plus éloigné
de la côte du continent, soit à 1700km
des rives, à 82 degrés Sud, 54 degrés
Est.
Le pôle du
froid: L'endroit le plus froid du globe avec
un record de -89,2°C. La base scientifique russe
Vostok y est installée.
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SON HISTOIRE
C'est James
Cook, en 1773
- 75, qui a traversé
le cercle polaire Antarctique soit 66°33' pour la
première fois en circumnavigant l'Antarctique
sans toutefois voir le continent.
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| Jules-Sébastien-César
Dumont d'Urville |
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En 1840,
le Français Dumont d'Urville
est le premier à débarquer sur le continent
Antarctique. Il baptise l'endroit Terre Adélie,
du prénom de sa femme. À la même
époque, l'Américain Wilkes
et l'Anglais Ross tentent
également de percer le mystère du grand
continent blanc, balayé par les vents.
Puis, pendant 60 ans, on ne
s'intéresse plus à ce bout du monde. Ce
n'est qu'en 1897
que le Belge De Gerlache
arrivera en Antarctique. Il est accompagné d'un
jeune norvégien du nom de Roald
Amundsen.
Depuis le 14 décembre
1911, le drapeau norvégien flotte sous
le globe. Ce jour-là, une équipe norvégienne
conduite par le même Amundsen
touche enfin le pôle Sud. C'est l'épilogue
d'une course
fantastique où rivalisent deux candidats :
le Britannique Scott et
Amundsen. Ce dernier,
aidé par des chiens de traineaux devance Scott
d'un mois. Celui-ci verra le pôle Sud mais il
n'en reviendra jamais.
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| L'EXPÉDITION
La chronologie
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| Décembre
1992 |
Bernard déroule la carte et trace
l'itinéraire. |
| Janvier
1993 |
Voyage de reconnaissance en Antarctique.
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| Avril
1993 |
Bernard se rend au pôle Nord magnétique,
une première canadienne. |
| Janvier
1994 |
Lancement du projet à Montréal. |
| Avril
1994 |
Bernard se rend au pôle Nord géographique,
au départ d'une base scientifique dérivante
russe. |
| Mai
1995 |
Bernard, Thierry et Benoit Roy traversent
le Groenland, une première canadienne. |
| 9
octobre 1995 |
Conférence de presse et rencontre
des amis, parents et partenaires. |
| 24
octobre 1995 |
Départ de Montréal et installation
à Punta Arenas, en Terre de Feu, au
Chili. |
| 6
novembre 1995 |
Arrivée en Antarctique, Patriot Hills.
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| 6
novembre 1995 |
Départ de Patriot Hills, arrivée
à l'Île Berkner, point de départ
de l'expédition. |
| 9
novembre 1995 |
Départ de l'expédition. |
| 12
janvier 1996 |
SUCCÈS,
arrivée au pôle Sud géographique
à 10h47, heure de Montréal.
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| L'équipement
La progression s'effectue
à ski de fond pour un meilleur rendement technique.
Tout le matériel est rangé dans des pulkas
(traineaux en fibres de verre) tirés par chaque
skieur. Le choix d'une telle autonomie est imposé
par l'isolement et l'itinéraire projeté:
immenses glaciers, pentes abruptes et altitude.
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Les 170kg de matériel dans
chacune des pulkas constituent un défi
technologique. Afin de ne pas excéder
cet objectif, chaque pièce de matériel,
chaque ration de nourriture, chaque vêtement
est rigoureusement pesé et mesuré
en volume. La légèreté
est une des clefs du succès de l'expédition
puisqu'il faut parcourir des milliers de mètres
de dénivelé dans des conditions
de froid et de tempête.
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| Le quotidien
Bernard et Thierry skient de 9 à
11 heures par jour. Pour chacun d'eux, l'expédition
exige une consommation totale de 400 000 calories.
La nourriture emportée répond à
plusieurs exigences: niveau calorique suffisant, répartition
adéquate en glucides, lipides et protides tenant
compte de l'effort fourni, faible poids et enfin, rapidité
de préparation. En définitive, il s'agit
d'atteindre un maximum d'efficacité.
Souvent, le froid interdit tout arrêt.
Des fruits secs et un mélange de noix constituent
le repas du midi qui est pris en skiant. De courtes
pauses sont toutefois nécessaires pour boire,
faire le point sur la carte et se reposer. Les repas
du soir et du matin sont chauds grâce à
l'utilisation de petits réchauds qui brûleront
50 litres d'essence. Toute l'eau indispensable à
la cuisine provient de la neige. Les menus sont variés,
légers par déshydratation ou lyophilisation
et consistance (6500 calories quotidiennes).
Montée en moins de cinq minutes,
la tente devient à la fois le refuge, le salon,
le lit et certainement le lieu où naîssent
les prochains projets d'aventure. Se laver avec la neige
devient une habitude. Tirer, pousser, grimper, skier
font partie du quotidien mais aussi regarder et écouter
pour mieux comprendre cet environnement. Chaque jour,
un journal est enregistré sur bandes magnétiques,
sur photo et sur vidéo afin de rapporter des
images de ce monde irréel.
Les communications
Les communications entre les explorateurs
et le camp de base de Montréal se font de deux
façons :
1/ Par téléphone
D'un poids de 16kg (batterie incluse),
le téléphone permet d'expédier
un message en direction d'un satellite de type IMMARSAT
en position géostationnaire à 35 000km
au-dessus de l'équateur. Le satellite retransmet
ensuite l'appel au camp de base à Montréal.
La batterie nécessaire au fonctionnement du téléphone
est rechargée par des panneaux solaires. L'antenne
est incorporée dans le couvercle du boîtier
contenant le téléphone. Tous les experts
consultés prévoient toutefois que le téléphone
ne pourra plus servir au-delà du 82e parallèle,
la courbure de la terre faisant obstacle au signal.
2/ Par balise
Argos
Bernard Voyer et Thierry Petry transportent
une balise Argos qui émet un signal à
toutes les deux minutes vers deux satellites qui passent
à 8000m au-dessus du pôle Sud à
100 minutes d'intervalle. En plus des informations sur
leur position, la balise est programmée par code
pour fournir de nombreux autres renseignements (condition
physique et psychologique, type de terrain, km parcourus...).
Après avoir été capté par
un des deux satellites, le signal émis par la
balise est relayé vers Toulouse en France et
ensuite retransmis à Montréal sur un ordinateur.
Un autre aspect des communications est
celui qui peut renseigner à chaque instant les
skieurs sur leur position exacte:
Le géopositionnement
satellitaire (GPS)
Ce système s'appuie sur un réseau
de 24 satellites déployés à une
altitude de 20 000km et faisant le tour de la terre
en 12 heures. La
position des explorateurs est calculée par triangulation
à partir d'un signal lancé par l'appareil
et reçu par au moins trois satellites simultanément.
Ce GPS a la dimension d'un baladeur.
Le programme scientifique et technologique
1. Communications
Les explorateurs envoient directement
de l'Antarctique des données alphanumériques,
vocales et iconographiques au camp de base. Pour réussir
ces expériences, ils utilisent des outils à
la fine pointe de la technologie satellitaire.
Partenaires : Argos France, Compaq
Canada, CTA Aerospace U.S.A.
2. Nutrition
La préparation de la nourriture
a une incidence fondamentale sur la réussite
de l'exploit. Les repas ont été préparés
selon les techniques les plus modernes de lyophilisation
(séchage à froid). La recherche concernant
l'aspect nutrionnel de l'expédition pôle Sud est concentrée sur trois points:
- l'évaluation des besoins énergétiques
et nutritionnels en fonction des conditions climatiques
extrêmes,
- l'évaluation calorique de l'effort physique
fourni,
- la satisfaction de ces besoins par une ration alimentaire
équilibrée et pratique qui est préparée
pour 70 jours.
Partenaires : Cintech AA, Lyosan
3. Physiologie
Bernard réalise 5 séjours
de 24 heures en chambre isolée avec atmosphère
controlée. On étudie particulièrement
le métabolisme basal.
Partenaire : Université Laval,
Docteur Angelo Tremblay |
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